Quels jeux éducatifs choisir pour inclure les enfants réfugiés non scolarisés ?

Quels jeux éducatifs choisir pour inclure les enfants réfugiés non scolarisés ?

octobre 3, 2026 Non Par Maria

Un enfant arrivé récemment peut avoir connu une interruption longue ou brève de sa scolarité. Les jeux éducatifs pour enfants réfugiés créent un premier espace d'échange quand la langue de l'école reste difficile à comprendre. Ils soutiennent l'inclusion scolaire des réfugiés en donnant des repères concrets, partageables avec les autres élèves. La scolarisation des enfants réfugiés dépend aussi de l'accueil, de la stabilité du cadre et d'un accompagnement adapté au rythme de chacun. Les obstacles à l'éducation des réfugiés peuvent mêler déplacements, séparation familiale, manque de documents scolaires et difficultés linguistiques.

Quels jeux éducatifs choisir pour inclure les enfants réfugiés non scolarisés

Privilégiez des activités courtes, visuelles et coopératives. Elles permettent d'entrer dans le groupe sans exiger de lire, d'écrire ou de raconter son parcours.

  • Les jeux d'images et de manipulation facilitent la compréhension immédiate.
  • Les jeux coopératifs développent le lien avec les camarades.
  • Les activités de langage donnent du vocabulaire utile au quotidien scolaire.
  • Les jeux compétitifs peuvent isoler un enfant qui ne maîtrise pas encore les consignes.
  • Les supports trop chargés ou sonores risquent de fatiguer un enfant anxieux.
  • Les récits de guerre, d'exil ou de catastrophe ne doivent jamais être imposés.

Les critères pour choisir des jeux adaptés aux enfants réfugiés non scolarisés

Le bon support se comprend d'abord par l'action. Des règles montrées avec des gestes, des cartes illustrées et une démonstration par un camarade limitent la dépendance à la langue orale. Les activités sans prérequis linguistique conviennent donc dès les premières rencontres.

La durée compte autant que le contenu. Pour les 6 à 9 ans, les ressources du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) retiennent une attention d'environ vingt minutes sur une même tâche. Une partie de dix à quinze minutes, suivie d'un temps calme ou d'un échange bref, s'ajuste souvent mieux aux enfants en reprise d'habitudes scolaires.

Observez aussi les réactions pendant la séance. Un enfant qui se tait peut être concentré, prudent ou simplement fatigué. Proposer de regarder avant de participer préserve sa place dans le groupe sans le mettre à l'écart.

Comparer les dispositifs ludiques d'apprentissage selon les besoins de la classe

Les dispositifs ludiques d'apprentissage gagnent à être choisis selon l'objectif immédiat. L'entrée dans une nouvelle langue, la coopération et la remise en confiance ne demandent pas les mêmes règles. Le tableau aide à distinguer les options utiles dans une classe, un accueil périscolaire ou un lieu d'hébergement.

Type de jeuAccès sans lectureApport principalFormat conseilléPoint de vigilance
Cartes de mise en correspondanceTrès élevéVocabulaire, lettres, chiffres et catégoriesBinômes, 10 à 15 minutesLimiter le nombre de cartes au départ
Jeu d'images sonoresÉlevéCompréhension orale et prononciationPetit groupe, écoute répétéeRégler un volume doux
Jeu coopératif de constructionÉlevéCommunication, entraide et motricitéGroupes de trois ou quatreDonner un rôle clair à chacun
Jeu de plateau simplifiéMoyenTour de rôle, nombres et règles scolairesGroupe accompagnéÉviter l'élimination et les longs tours d'attente

Pour un enfant qui ne lit pas encore le français, privilégiez les cartes illustrées et les objets à manipuler. Pour une classe qui doit apprendre à se connaître, les constructions collectives et les défis communs offrent un cadre plus souple. Un jeu de plateau devient pertinent quand les consignes orales sont déjà comprises et que le plaisir de jouer reste intact.

Les jeux sans lecture favorisent l'apprentissage de la langue

Les jeux sans lecture ni écriture permettent de participer dès le premier jour. Le matériel du HCR destiné aux 6-9 ans repose sur ce principe, tout en introduisant peu à peu des lettres ou des nombres dans les échanges de groupe. Cette progression évite de confondre difficulté scolaire et difficulté de langue.

Les cartes associant une image, un son et un geste constituent de bons supports visuels et audio. Elles peuvent représenter des objets de classe, des actions ou des émotions. Une carte montrant un volcan peut servir à nommer une image, classer des couleurs ou raconter une courte scène, sans attendre une réponse parfaite.

L'apprentissage par le jeu fonctionne mieux avec un vocabulaire directement utile. Saluer, demander un crayon, comprendre « à toi » ou désigner une émotion aide l'enfant à entrer dans les routines de classe. Les progrès deviennent visibles lorsque les mots sont réutilisés dans plusieurs activités, plutôt qu'appris dans une seule séance.

Les jeux coopératifs renforcent les compétences sociales et émotionnelles

Les jeux coopératifs donnent au groupe un but partagé, comme reconstituer une image ou construire une tour ensemble. Chaque enfant peut contribuer par un geste, un choix de couleur ou une observation. Ce format réduit la pression liée à la performance individuelle.

Les compétences émotionnelles et sociales se travaillent avec des cartes de visages, des mimes et des scénarios très courts. Les supports du HCR proposent, par exemple, de relier des expressions faciales à des émotions. L'histoire de Rahf, une enfant réfugiée syrienne de 7 ans présentée dans un support vidéo, peut ouvrir une discussion à condition de laisser chacun libre de parler ou de se taire.

Un cadre prévisible favorise la place du jeu dans les apprentissages sans le transformer en évaluation. Annoncer le début, la règle principale et la fin de l’activité aide les enfants à anticiper ce qui va se passer.

La sécurité émotionnelle repose sur des choix simples. L'adulte peut autoriser un enfant à observer, à changer de rôle ou à s'arrêter quelques minutes. Les thèmes liés à la violence, à la perte ou au déplacement forcé demandent une grande prudence et ne constituent jamais un passage obligé.

Le jeu devient une passerelle vers la scolarisation

Une passerelle vers la scolarisation se construit par étapes. Le jeu peut d'abord aider à reconnaître les lieux, les adultes et les règles de l'école. Il prépare ensuite les apprentissages formels, grâce aux nombres, aux sons, au tri et au tour de parole.

L'adaptation à l'âge reste nécessaire. Avec un enfant de maternelle, les jeux d'imitation, les figurines et les parcours moteurs soutiennent l'expression. Avec un enfant plus âgé qui a été déscolarisé, des défis de logique ou des jeux de rôle peuvent préserver sa dignité sans l'infantiliser.

Le meilleur choix dépend donc de la situation présente. Les activités visuelles conviennent au premier accueil, les jeux de langage accompagnent l'entrée dans les apprentissages et les formats coopératifs consolident le groupe. Cette progression laisse à chaque enfant le temps de retrouver confiance et d'investir peu à peu l'école.